Nous sommes les femmes* socialistes


Des places de crèche contre la pauvreté à la retraite

Von Gina La Mantia, 6. mai 2019

Les dernières statistiques de la Confédération au sujet des rentes donnent à réfléchir, mais elles confirment également un fait déjà connu : les femmes font l’objet d’une grave discrimination dans notre système de retraite. Elles ne reçoivent que la moitié des prestations que touchent les hommes. Les raisons en sont la rémunération plus faible des « métiers typiquement féminins », le manque de reconnaissance du travail du care et les interruptions d’emploi qui en résultent, ainsi que la forte proportion de femmes travaillant à temps partiel : en 2018, 80% des mères travaillaient à temps partiel, contre seulement 12% des pères.

C’est une revendication centrale de la grève des femmes du 14 juin 2019, que les Femmes* socialistes suisses ont adoptée lors de leur assemblée générale du mois de mars : des places de crèche gratuites pour tou-te-s ! Les Femmes* socialistes souhaitent plaider en faveur d’un droit, inscrit dans la loi, à une place d’accueil gratuite et de qualité pour les enfants de quatre mois et plus dans toute la Suisse. Avec cette demande, les Femmes* socialistes veulent aussi s’assurer que soit enfin reconnue l’importante responsabilité du personnel de crèche par une bonne rémunération et de bonnes conditions de travail. Car si le salaire de départ d’une professionnelle en soins s’élève à environ 4’000 francs, alors que le salaire de départ dans le secteur bancaire dépasse 8’500 francs dans de nombreux domaines, ce n’est pas seulement un symptôme choquant de notre système économique dominé par les hommes, mais cela laisse aussi apparaître de manière marquante les priorités de notre société et de nos politiques.

Le droit légal à une place de crèche gratuite et de qualité dans toute la Suisse entraînerait une plus grande liberté pour les familles dans le choix de leur lieu de résidence et dans la répartition entre activité lucrative et travail familial. De nouvelles portes s’ouvriraient alors pour de nombreuses femmes, qui quittent aujourd’hui la vie active en raison du coût élevé des services de garde d’enfants. Cette mesure éliminerait de nombreux obstacles. Les femmes qui, tout en ayant des enfants, ont la possibilité de continuer à travailler, s’intégrent davantage dans la société et sont non seulement plus indépendantes et plus libres, mais également mieux protégées contre la pauvreté, en particulier lors du départ à la retraite : une telle mesure représenterait un pas important vers l’égalité.